26 août 2005

Une page d'histoire...

L'insuline... cette hormone sécrétée par "les cellules bêta des îlots de Langerhans du pancréas", comme on se plaisait à le hurler pendant le cours d'histologie, histoire de traumatiser un peu (et épater, accessoirement) notre pauvre prof, est essentielle à la régulation du taux de sucre dans le sang : une de ses actions vise à l'abaisser en poussant le glucose à quitter le sang et se diriger vers les cellules de l'organisme. Elle est sécrétée toutes les 12 minutes par le pancréas sus-cité, qui est une glande située dans l'abdomen, avec une augmentation de la sécrétion lors des repas. Tout se passe donc comme si nous nous faisions 120 injections d'insuline quotidiennes...
Actuellement, purifiée ou de synthèse, elle est la base du traitement du diabète dit sucré (en référence au goût des urines ?), qu'il soit "insulino-dépendant" ou non. Elle est produite à grande échelle, et ce d'autant plus que le diabète est  véritablement une épidémie mondiale, avec plus de 194 millions de sujets atteints  en 2003, et 333 millions prévus pour 2025...
Mais qui se rappelle la situation des patients diabétiques avant 1923, date à laquelle le prix Nobel de médecine a été décerné à quatre hommes, Frederick Grant Banting, Charles Herbert Best, James Bertram Collip et James Richard MacLeod (machi maklawd l'immortel...), de l'université de Toronto, au Canada, pour la découverte de l'insuline, ou plus exactement son extraction et sa purification de manière à pouvoir l'administrer à des êtres humains ? Avant cette date, et depuis que le diabète a été identifié par les médecins des différentes civilisations, le seul traitement consistait à mettre le patient sous un régime sévère qui ne lui fournissait que la quantité d'aliments que son corps pouvait métaboliser.La conséquence en était bien sûr la malnutrition, dont décédaient de nombreux malades, et ce sans que les complications du diabète soient forcément évitées. C'est ainsi qu'en 1921,  un jeune diabétique de 14 ans, Leonard Thompson, sur le point de sombrer dans le coma du fait de l'accumulation de déchets métaboliques (produits qu'en faible quantité chez une personne normale), et cachectique au point de ne peser plus que 32 kgs, bénéficie de la première injection d'insuline, une insuline d'origine canine (ayez une pensée pour tous les animaux de laboratoire qui ont souffert ou souffrent encore à travers le monde...), qui sera efficace, mais pas suffisamment puisque le jeune garçon finit par plonger dans le coma. Les médecins cherchent à la purifier encore plus, et le nouvel extrait d'agent anti-diabétique ainsi obtenu permet de sauver le patient.
On ne le perçoit pas ainsi de nos jours, mais cette découverte a eu le même impact sur la médecine que pourrait l'avoir de nos jours la découverte d'un traitement court et efficace de la tuberculose, d'un vaccin contre le paludisme ou le SIDA ! Des millions de vie ont été sauvées grâce à une idée géniale, qui était celle de Frederick Banting. Ainsi, un petit garçon de 5 ans, Ted Ryder, qui ne pesait plus que 13 kgs au moment de sa première injection d'insuline, en 1922, a vécu jusqu'en 1993...
Ce post m'a été inspiré par une série d'émissions diffusées par Arte il y a quelques mois, qui traitaient de l'histoire de la médecine. Je me suis rappelé l'image de Leonard Thomas avant qu'il bénéficie de l'insuline, une silhouette squelettiques nichée dans les bras de sa mère. Ce qu'on fait ces médecins est bien au-delà du prix Nobel ou de toute autre récompense ou reconnaissance par leurs pairs... La satisfaction de savoir qu'ils ont contribué à rendre la vie de millions d'enfants diabétiques plus facile, voire même à la leur sauver est la seule vraie gratification qu'ils en ont retiré.
diab_te
Voici une photo de deux des chercheurs avec Marjorie, une chienne diabétique, et  à qui l'injection d'insuline purifiée par l'équipe a permis de diminuer la glycémie et ainsi confirmer que Banting était sur la bonne voie (c'était lui qui était à l'origine de la purification d'extraits pancréatiques, après avoir lu un article intitulé "Les relations des îlots de Langerhans au diabète avec références particulières à des cas de lithiase pancréatique".  C'était une intuition géniale de la part de quelqu'un qui était parti pour devenir chirurgien orthopédiste. La presse médicale sert à quelque chose :)
PS : en ces jours de fin de vacances, et alors que la rentrée s'approche à grands pas,  ce genre de réflexions permet d'envisager les mois de 7rite qui nous attendent un peu plus sereinement : si nous contribuons, que ce soit par le sérieux qu'on met à apprendre nos cours, ou par notre assiduité en stage, à rendre la vie des patients plus faciles -je vous assure que ça a un lien :)-, then so be it ;) J'adoooooooore parler solennellement comme ça :)
PS2 : un très bon site consacré entre autres à l'insuline, destiné aux patients diabétiques   

Posté par Sun Li à 23:56 - Selec'Web - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    ayant passé plus de deux mois avec des "nouveaux" enfants diabètiques, g pu touché l'importance de cette découverte et voir comment deux injections par jour d'insuline peuvent changer la vie d'un enfant... l'espoir mnt est dans l'immunotherapie; dernierement une étude a demontré que l'administration pendant 6 jours d'un Ac anti CD3 chez des patients dont le diabète venait de se déclarer diminueraient le besoin d'injection au plus bas (et ce ds 75% des cas), le mécanism reste inconnu.. Science et Vie Aout 2005 PS:si seulement tous les externes pensaient comme toi..
    PS2: bouahahahaaaaaaa

    Posté par BloodLover, 27 août 2005 à 19:59
  • > BL : une copine avait évoqué la possibilité d'un vaccin anti-diabète insulino-dépendant pendant le cours de pédiatrie consacré à ce sujet. Elle n'avait pas entendu parler de recherches à ce sujet avant Comme quoi, il faut savoir être curieux et innovateur

    Posté par Sun Li, 27 août 2005 à 21:54

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